Messages étiquettés hypothalamus

Cerveau homme femme

Les nombreuses recherchent contemporaines en neurosciences confirment ainsi et précisent certaines données traditionnelles bien connues.
Elles orientent en outre le travail quotidien en psychothérapie (ou en counseling) ainsi, bien entendu, que le travail d’accompagnement de couples :

cerveau

Voici maintenant, pour terminer ce bref exposé, quelques exemples concrets de l’impact des neurosciences.
Elles encouragent ainsi les psychothérapeutes à :

• Écouter patiemment une femme qui se plaint, plutôt que tenter de l’aider à résoudre ses problèmes (at-titude du mâle, trop orientée vers l’action : au lieu de la « materner », il devient son « père » !) ;

• Souligner à la femme l’importance érotique du regard chez l’homme ;

• Souligner à l’homme l’importance de l’ambiance sonore et olfactive pour sa compagne, l’effet éroti-que de la musique et de la voix, la richesse du partage par la parole ;

• Stimuler les malades : ils guérissent plus vite lorsqu’ils sont près d’une fenêtre, (ouverte sur le monde) et , stimuler les personnes âgées (une retraite passive induit un vieillissement rapide) ;

• Exploiter en psychothérapie les liens intimes et réciproques entre les deux pulsions fondamentales : sexualité et agressivité (gérés notamment par l’hypothalamus et par la testostérone) ;

• Traiter avec prudence les souvenirs d’abus sexuels de la première enfance : en effet, le souvenir d’une scène, qu’elle soit réelle ou imaginaire, présente la même localisation cérébrale et génère les mêmes processus mentaux (40 % de faux souvenirs — inconsciemment reconstruits, à partir de craintes ou de désirs).
• Mobiliser les lobes frontaux, siège de la responsabilité et de l’autonomie (dire « non ») — d’où la richesse de la thérapie paradoxale.

Enfin, quelques remarques et rappels :

• Faire l’amour accélère la cicatrisation des plaies (testostérone) ;

• Les thérapies psychocorporelles permettent de mobiliser les circuits neurologiques : mouvement > cerveau droit > zones limbiques > émotion > inscription (encodage durable) > thérapies verbales ;

• Une émotion est nécessaire pour mémoriser ; une verbalisation après coup permettra le rap-pel ultérieur du souvenir ;
• La mémorisation à long terme s’effectue, en grande partie, pendant le rêve : d’où, en cas de traumatisme psychique (attentat, viol, catastrophe), l’intérêt d’un debriefing en urgence, avant le premier rêve ;

• On déplore 10 fois plus de tentatives de suicide chez les femmes (elles expriment leur émotion) mais un taux élevé de suicides réussis chez les hommes (mise en action) ;

• Les femmes parlent sans réfléchir ! Les hommes agissent sans réfléchir !
• Une femme qui n’est pas heureuse dans ses relations, a du mal à se concentrer sur son travail ; un homme qui n’est pas heureux dans son travail, a du mal à se concentrer sur ses relations.

• La femme a besoin d’intimité pour apprécier la sexualité ; l’homme a besoin de sexualité pour apprécier l’intimité.

Finalement, il est indispensable de se tenir au courant des recherches en neurosciences et en génétique — qui sont loin d’avoir dit leur dernier mot.
Quoi qu’on en dise parfois,  il n’est pas indifférent en thérapie, qu’un homme reçoive une femme — ou qu’une femme reçoive un homme.

Notre perception du monde est, en effet, fort différente… mais agréablement complémentaire !

Tags: , , , , , ,

Cerveau sport et endorphines

Est-ce que les endorphines permettent d’expliquer le bien-être éprouvé en méditation ? Si par une pratique précise on peut fabriquer sa propre morphine à l’intérieur du corps, n’est-ce pas un gage d’autonomie par rapport à toutes sortes de dépendances, depuis la drogue et l’alcool jusqu’à cette dépendance fondamentale qui consiste à rechercher le bonheur à l’extérieur alors qu’il est déjà là, présent en nous ?

endorphines

Les endorphines sont libérées par le cerveau, et plus précisément par l’hypothalamus et l’hypophyse dans les situations de stress, qu’il soit psychologique ou physique, mais de façon plus significative pendant et après l’exercice physique
Endorphine, l’hormone du bonheur
Cette morphine endogène (produite par l’organisme) possède une structure moléculaire proche de celle des opiacées
Une fois sécrétée, elle se disperse dans le système nerveux central, les tissus de l’organisme et le sang

Les limites du sport face à la dépression
Attention à ne pas attribuer des vertus illusoires ou illimitées à la pratique sportive
Le sport réduit les manifestations extérieures de la dépression légère ou modérée, notamment par la libération d’endorphines, mais il ne permet en aucun cas de faire l’économie d’une psychothérapie
Le sport et les médicaments ne sont qu’une béquille temporaire face à des conflits psychiques ou des manifestations d’angoisse dont les causes profondes ne peuvent éventuellement être identifiées que par une approche psycho-thérapeutique .
L’entretien psycho-thérapeutique avec un psychologue clinicien diplomé est une situation unique que nulle autre situation ( ou nul autre intervenant plus ou moins bien intentionné ) ne peut remplacer .
A quel moment les endorphines sont-elles sécrétées ?
La quantité d’endorphines augmente pendant l’exercice et atteint cinq fois les valeurs de repos, 30 à 45 minutes après l’ arrêt de l’effort
Le taux d’endorphines est directement lié à l’intensité et à la durée de l’exercice, mais aussi à l’activité physique
Les sports d’endurance sont les plus endorphinogènes : le jogging, le vélo, la natation, les balades en raquettes ou en ski de fond, les sports en salle, type cardio training (rameur, tapis de course) ; mais aussi l’aérobic, le step ; les activités à efforts fractionnés (interval training) l’athlé, le football, le rugby, le basket ou le handball
Il ne suffit pas de courir pour goûter aux endorphines : il faut maintenir l’effort pendant une demi heure gardant un rythme dit confortable en endurance, c’est à dire supérieur à 60 % de ses capacités respiratoires. On doit être capable de tenir une conversation. L’usage d’un cardiofréquencemètre permet de rester parfaitement dans cette zone d’effort

Tags: , , , , ,

Le cerveau, centre du plaisir

Le désir naît de la stimulation des cinq sens (vue, odorat, toucher, goût, ouïe) mais aussi des pensées, des images, des fantasmes qui surgissent à l’intérieur de notre cerveau Le désir met en branle le système dopaminergique pour secréter la dopamine, dopamine qui provoque le plaisir et l’attente d’une récompense.

cerveauChocolat, sport, sexe …un point commun ? OUI !
Tous sont des objets de plaisir, subjectifs certes, mais qui impliquent des bases neuronales communes, et reposent sur les mêmes mécanismes biologiques !
Aussi lorsque la neuro-circuiterie frétille et que le cerveau se retrouve baigné d’endorphines, véritables molécules du plaisir, l’individu nage en plein bonheur !

Quels sont les systèmes de récompense dans le cerveau ?
Nous nous intéresserons à la fois aux aspects neurophysiologiques,  » preuves par l’image  » à l’appui avec la neuro-imagerie, et aux aspects neurochimiques …à savoir aux  » bases moléculaires du plaisir  » mettant à l’honneur les endorphines.
Au delà du bien-être, le plaisir peut aussi mener à la dépendance, et donc à divers degrés de pathologies.
Comment devient-on alors accro au sucre comme au tabac et à l’alcool, ou encore comme à l’amour ou aux profondeurs sous-marines ? Les exemples sont variés, mais les processus  » d’escalade  » assez semblables. De l’amour du risque à la maladie mentale, en passant par la toxicomanie et la boulimie, à la recherche d’émotions fortes nous pouvons gravir des sommets …et descendre dans les abysses !
A l’inverse, le déficit de plaisir -ou anhédonie- peut aussi entraîner une certaine vulnérabilité à la dépression, et dans les
deux cas de figure la question du traitement thérapeutique peut se poser. Mais à partir de quel stade faut-il intervenir pour rendre à l’objet du désir sa place  » légitime  » ?
Fort heureusement, aimer le sport, le chocolat, le sexe n’est pas un mal en soi … mais désirs et hobbies sont aussi là pour apporter un peu de piquant à la vie !

LES CENTRES DU PLAISIR

Les principaux centres du circuit de la récompense ont été localisé le long du MFB (“medial forebrain bundle”). L’aire tegmentale ventrale (ATV) et le noyau accumbens constituent les centres majeurs de ce circuit qui en comporte plusieurs autres comme le septum, l’amygdale, le cortex préfrontal ainsi que certaines régions du thalamus. Chacune de ces structures cérébrales participerait à sa façon à divers aspects de la réponse comportementale.

De plus, tous ces centres sont interconnectés et innervent l’hypothalamus (flèches rouges), l’informant de la présence d’une récompense. Le noyau latéral et le noyau ventromédian de l’hypothalamus sont particulièrement impliqués dans ce circuit de la récompense.

dopamine

L’hypothalamus agit alors en retour non seulement sur l’aire tegmentale ventrale, mais aussi sur les fonctions végétatives et endocrines de tout le corps par l’entremise de l’hypophyse.

Les stimulations aversives provoquant la fuite ou la lutte activent quant à elles le circuit de la punition (ou « periventricular system » (PVS) ) qui nous permet de faire face aux situations déplaisantes. Mis en évidence par De Molina et Hunsperger en 1962, ce système implique différentes structures cérébrales dont l’hypothalamus, le thalamus et la substance grise centrale entourant l’aqueduc de Sylvius. Des centres secondaires se trouvent aussi dans l’amygdale et l’hippocampe.

Ce circuit fonctionne dans le cerveau grâce à l’acétylcholine et stimule l’ACTH (« adrenal cortico-trophic hormone »), l’hormone qui stimule la glande surrénale à libérer de l’adrénaline pour prépare les organes à la fuite ou la lutte.

Il est intéressant de noter que la stimulation du circuit de la punition peut inhiber le circuit de la récompense, appuyant ainsi l’observation courante que la peur et la punition peuvent chasser bien des plaisirs.

Le MFB et le PVS sont donc deux systèmes majeurs de motivation pour l’individu. Ils incitent à l’action afin d’assouvir les pulsions instinctives et d’éviter les expériences douloureuses.

Il en va tout autrement d’un troisième circuit, le système inhibiteur de l’action (SIA) (ou « Behavioral Inhibitory System (BIS) » en anglais). La mise en évidence de ce système revient à Henri Laborit au début des années 1970. Il est associé au système septo-hippocampal, à l’amygdale et aux noyaux de la base. Il reçoit des input du cortex préfrontal et envoie ses outputs à travers les fibres noradrénergiques du locus coeruleus et par les fibres sérotoninergiques du raphé médian. Certains reconnaissent d’ailleurs un rôle majeur à la sérotonine dans ce système.

Le SIA est activé lorsque la lutte et la fuite apparaissent impossibles et que le choix d’un comportement ne se résume plus qu’à subir passivement. Les conséquences pathologiques de cette inhibition de l’action ont permis de comprendre à quel point un stress chronique peut devenir destructeur pour l’être humain.

Tags: , , , ,